Les banques françaises pourraient rapatrier 1000 emplois de Londres à Paris

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Les grandes banques de l’hexagone se disent prêtes à faire revenir des emplois vers Paris. Elles posent toutefois des conditions réglementaires et politiques à ces retours.

A l’occasion d’une rencontre avec le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, la Fédération Bancaire Française (FBF), qui regroupe les grandes banques françaises, a annoncé ce vendredi que ses membres pourraient rapatrier un millier d’emplois de Londres à Paris en raison du Brexit. Bruno Le Maire est en pleine opération de séduction auprès des banques, rappelant les engagements du gouvernement pour faire de Paris une place financière compétitive. Un discours qui a, semble-t-il, séduit les grandes banques françaises. Ces dernières ont assuré au ministre de L’Economie qu’elles choisiraient « naturellement Paris » plutôt qu’une autre place financière.

Un retour sous conditions

Ce n’est toutefois pas un blanc-seing que la FBF a donné au gouvernement. Les banques n’ont pas oublié de préciser que le nombre d’emplois qui pourraient revenir à Paris dépendrait fortement des futures décisions réglementaires sur les conditions d’exercice des activités financières. Sur un plan plus politique, la FBF fait savoir que le gouvernement devra aussi se montrer rassurant sur sa politique fiscale, qui devra être « stable » et « prévisible » notamment sur l’impôt sur les sociétés et sur les prélèvements obligatoires.

Des groupes déjà implantés à Paris

La FBF estime que les 1000 emplois rapatriés entraîneraient indirectement la création de 3000 nouveaux emplois par effet d’entrainement. Si les grandes banques françaises confirmaient leur décision, elles rejoindraient HSBC dont le Directeur Général, Stuart Gulliver, a déjà évoqué le transfert 1.000 emplois de Londres vers Paris. Ces banques françaises sont déjà fortement implantées à Paris puisque d’après les chiffres de la FBF, les activités de financement et d’investissement des groupes bancaires représentent « près de 41 000 salariés » et « leurs filiales de gestions d’actifs plus de 16 000 salariés » en région parisienne. Les banques vantent aussi le dynamisme de la place de Paris, notamment dans les secteurs du capital-investissement et des fintech .

Cette annonce prend place peu avant le changement de présidence à venir au sein de la FBF. La fédération est actuellement présidée par Philippe Brassac, Directeur Général de Crédit Agricole SA. Cette fonction tournante sera dévolue à Jean-Laurent Bonnafé, Directeur Général de BNP Paribas, au 1er septembre 2017.

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Alice 32 ans est avocate spécialisée dans le Droit des Entreprises. Elle s’intéresse de près à l’actualité économique et financière pour pouvoir conseiller et défendre ses clients.