Brexit : l’Europe et le Royaume-Uni étalent leurs divergences

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Le deuxième round de négociation, jeudi, n’a permis aucune avancée. Bruxelles presse Londres de « clarifier » ses positions, Londres retarde la discussion sur la facture du divorce, et de nets désaccords demeurent sur les droits des expatriés.

« Merci de votre patience. C’est une vertu cruciale dans une négociation ». Au moment de se présenter jeudi devant la presse, avec trente minutes de retard, pour tirer le bilan du deuxième round de négociation sur le Brexit , le négociateur européen Michel Barnier donne de suite le ton avec ironie.

Importance des désaccords

Entamés lundi, les quatre jours d’échanges entre la centaine experts britanniques débarqués à Bruxelles et les cinquante eurocrates les attendant de l’autre coté de la table, n’ont débouché sur aucune avancée majeure. Certes, les « discussions robustes, constructives et encourageantes » dont se félicite le chef de file britannique David Davis, ont permis aux deux parties de « clarifier et expliquer » leurs positions respectives. Mais elles sont surtout pointé l’importance des désaccords qui demeurent sur les conditions de la sortie du Royaume-Uni de l’UE à l’horizon de mars 2019 et la difficulté à entrer dans le vif des débats face au flou du camp britannique sur plusieurs sujets clés.

Plusieurs sujets clés

A commencer par celui que Bruxelles érige en priorité absolue avant toute discussion sur la future relation commerciale entre l’Union et le Royaume-Uni : le solde financier des comptes.

Malgré l’insistance de Michel Barnier la semaine dernière , Londres, où le sujet est très explosif politiquement, n’a toujours pas présenté de proposition, se bornant ces derniers jours a examiné les pistes de calcul de Bruxelles. David Davis s’est contenté d’indiquer, reprenant une déclaration passée de Theresa May, que « nous comptons respecter nos obligations et faire valoir nos droits. » La facture de 50 à 100 milliards d’euros évoqués dans les couloirs de Bruxelles est jugée « exhorbitante » Outre Manche. « Une clarification de la position du Royaume-Uni est indispensable pour négocier » et aboutir à des progrès suffisants sur ce dossier financier, inséparable des autres dossiers du retrait », martèle Michel Barnier.Le second gros point de blocage porte sur les futurs droits des plus de 3 millions de citoyens européens vivant outre-Manche. L’UE maintient qu’il est « indispensable» que leurs droits soient supervisés par la Cour de justice européenne (CJUE)mais Londres exclue de reconnaître sa souveraineté une foix sortie de l’Union. « C’est une divergence fondamentale . nous ne voyons aucun autre moyen de garantir la pérennité de ces droits », a insisté Michel Barnier.

Les discussions ont été plus harmonieuses sur la frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord. Les deux parties soulignent l’importance que cette future nouvelle frontière entre l’UE et le Royaume-Uni ne perturbe la paix dans la province britannique. « Il faut protéger la coopération entre le Nord et le sud de l’île », résume Michel Barnier, qui attend là aussi plus de précision sur les pistes de Londres. Des solutions concrètes pour administrer la frontière ne sont abordées que plus tard car elles dépendront largement du futur accord commercial que doivent négocier le Royaume-Uni et l’UE.

Première étape clé les 19 et 20 octobre

Les négociations reprendront la semaine du 28 août. « Le premier round était celui de l’organisation, cette semaine celui de la présentation. Le troisième doit être celui de la clarification », insiste Michel Barnier. Dans l’espoir que les quatrième et cinquième, en septembre et début octobre, soient ceux du vrai passage à l’action ? « L’heure tourne », a concédé David Davis, alors qu’une première étape clé interviendra les 19 et 20 octobre. Les chefs d’Etat des 27 devront alors estimer si assez de progrès ont été faits sur les points clés du divorce pour lancer les discussions sur la future relation commerciale. Si personne ne l’évoque à ce stade tant ce serait prématuré, le spectre d’un « no deal » n’a pas fini de planer .

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Marc, 65 ans est retraité. Il était professeur d’économie-gestion et spécialisé dans les problématiques de finance internationale. Il donnait des cours d'Organisation et stratégies bancaires. Il fait maintenant partie d’une association d’entreprises étrangères accompagnant les entreprises souhaitant s’installer en France.