Code du travail : les patrons croient à la réforme

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Selon une étude KPMG, 77 % des dirigeants d’entreprise attendent un impact positif de la réforme sur le dialogue social.

La réforme du Code du travail porté par le gouvernement va-t-elle vraiment dynamiser le dialogue social ? C’est en tout cas l’espoir porté par les dirigeants d’entreprise. D’après une étude KPMG menée auprès de 400 chefs d’entreprise de plus de 200 salariés, 77 % d’entre eux estiment qu’elle va avoir un impact positif sur les pratiques en matière de dialogue social dans les entreprises en général, et 70 % dans leur entreprises en particulier.

Pour mémoire, les principales mesures envisagées par le gouvernement consiste à laisser davantage de capacité de négociation aux entreprises pour pouvoir déroger à la loi, et dans certains cas aux accords de branche. Par ailleurs, une instance unique de représentation du personnel devrait voir le jour, mais on ne sait pas encore exactement quel sera ses contours (avec ou sans les délégués syndicaux notamment). Enfin, le nombre d’heures de délégation et l’organisation concrète des réunions de cette instance unique ne sont pas non plus connus.

Une attente forte

Près de 70 % des dirigeants interrogés tablent sur le fait que la réforme devrait impliquer et responsabiliser les organisations syndicales ou les représentants du personnel dans les enjeux économiques des entreprises. C’est tout l’intérêt, selon le gouvernement, de fusionner les instances, pour que les sujets de conditions de travail soient traités en lien avec les sujets économiques auxquels fait face l’entreprise. Par ailleurs, 68 % jugent que cela va permettre aux entreprises de mieux s’adapter aux chocs et aux ruptures d’un environnement économique plus concurrentiel. En revanche, les dirigeants d’entreprise sont assez lucides pour reconnaître que la réforme du gouvernement, sur ce texte tout au moins, n’est guère en faveur des salariés (seuls 52 % y voient un facteur de sécurisation pour leurs employés).

L’attente des dirigeants d’entreprise est forte, d’autant que les précédentes réformes en la matière ne les ont pas entièrement satisfaits. La loi dite de sécurisation de l’emploi de 2013, la loi Rebsamen de 2015 mais aussi la loi Macron, puis la loi El Khomri de 2016 vont, selon eux, dans le bon sens mais ont été trop timides. Seul la moitié d’entre eux estiment qu’elles ont favorisé le dialogue social, et 34 % n’en voient aucune conséquence concrète.

Vision très positive du dialogue social

Pourtant, le dialogue social, ils y croient. C’est l’une des bonnes surprises de ce sondage. Les dirigeants d’entreprise interrogés ont une vision très positive du dialogue social : 77 % y voient un outil de conduite du changement. A condition d’avoir des interlocuteurs légitimes, soulignent ces derniers. Parmi les autres freins identifiés : la mise en oeuvre trop consommatrice de temps de certains dispositifs au regard des bénéfices attendues (citée par 42 %), la complexité à mettre en oeuvre les nouvelles dispositions légales (37 %), ou encore la difficulté à connaître et à comprendre toutes les nouvelles dispositions prévues par la loi (30 %). Et encore, ce sont des dirigeants dont les entreprises comptent plus de 200 salariés qui parlent !

« Ce sondage révèle quelque chose de nouveau  : la confiance entre les partenaires sociaux et les dirigeants d’entreprise progresse nettement. Huit dirigeant sur dix considèrent que les conditions sont réunies pour avoir un dialogue social constructif, c’est très élevé comme chiffre », estime Pierre-Laurent Seguin, en charge des activités transformation et stratégie sociale chez KPMG.

 

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Mathieu, 24 ans, est en 3ème année de Licence Economie à la Sorbonne. Il se passionne pour l’économie nationale et mondiale et la politique macro-économique.