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- Commencer par vérifier les documents administratifs
- La carte grise
- Le contrôle technique
- Le rapport Histovec
- L’inspection visuelle extérieure : ne rien laisser passer
- La carrosserie
- Les vitrages et les pneumatiques
- Sous le capot : les vérifications mécaniques essentielles
- Les niveaux et les fluides
- L’entretien du véhicule
- L’essai routier : indispensable et trop souvent bâclé
- Faire appel à un expert automobile : une dépense qui peut en éviter beaucoup
- Les points de vigilance spécifiques selon le type de vendeur
- Achat chez un particulier
- Achat chez un professionnel
- Un récapitulatif des points de vérification
Acheter une voiture d’occasion, c’est souvent une bonne façon de faire des économies.
Mais c’est aussi un terrain où les mauvaises surprises sont légion.
Un compteur kilométrique trafiqué, une carrosserie repeinte pour cacher un accident, un moteur qui rend l’âme trois semaines après l’achat…
Ces situations arrivent bien plus souvent qu’on ne le croit.
En France, le marché de l’occasion représente plus de 5 millions de transactions par an entre particuliers et professionnels.
Autant dire que les occasions de se faire avoir ne manquent pas.
Avant de signer quoi que ce soit ou de sortir le chéquier, il y a un certain nombre de vérifications à faire absolument, que vous achetiez chez un concessionnaire, sur Le Bon Coin ou auprès d’un particulier.
Commencer par vérifier les documents administratifs
Avant même de regarder la voiture, les papiers parlent déjà. C’est la première étape, et elle est souvent négligée par les acheteurs pressés ou trop focalisés sur l’aspect visuel du véhicule.
La carte grise
Le certificat d’immatriculation, plus communément appelé carte grise, est le document de base. Vérifiez que le nom et l’adresse du vendeur correspondent bien à ce qui est inscrit dessus. Si ce n’est pas le cas, méfiance. Contrôlez le numéro VIN (Vehicle Identification Number), ce numéro de série gravé sur le véhicule, généralement visible sous le pare-brise côté conducteur ou sur le montant de la porte. Il doit correspondre exactement à celui mentionné sur la carte grise. La moindre différence est un signal d’alarme sérieux.
Le contrôle technique
Pour tout véhicule de plus de quatre ans, le contrôle technique est obligatoire en France et doit dater de moins de six mois au moment de la vente. Lisez-le attentivement. Un contrôle technique ne dit pas tout sur l’état d’un véhicule, mais il donne des indications précieuses sur les défaillances constatées. Regardez s’il y a des points de défaillance majeure, et si le vendeur a effectué les réparations nécessaires. Un contrôle technique tout juste passé avec des contre-visites peut indiquer un véhicule qui a nécessité des interventions récentes pour être présentable.
Le rapport Histovec
Histovec est un service gratuit proposé par le ministère de l’Intérieur. Il permet, à partir du numéro d’immatriculation et du numéro de formule de la carte grise, d’obtenir l’historique officiel du véhicule : nombre de propriétaires, kilométrages enregistrés lors des contrôles techniques successifs, éventuelles déclarations de sinistre. C’est un outil précieux que tout acheteur sérieux devrait utiliser systématiquement.
L’inspection visuelle extérieure : ne rien laisser passer
Une fois les documents en règle, place à l’inspection physique du véhicule. Et là, il faut être méthodique, même si vous n’êtes pas mécanicien.
La carrosserie
Placez-vous à l’arrière du véhicule et regardez la ligne de toit de loin. Une légère déformation peut trahir un accident carrosserie mal réparé. Passez la main le long des jonctions entre les panneaux : les espaces doivent être réguliers et uniformes. Des écarts irréguliers entre le capot, les ailes ou les portières indiquent souvent un choc. Regardez aussi les boulons de fixation des ailes : s’ils sont rayés ou retournés, c’est qu’ils ont été dévissés, ce qui signifie que la pièce a été remplacée.
Sous une lumière rasante, inspectez la peinture. Des différences de teinte entre les panneaux, une texture légèrement différente ou des traces de masquage sur les joints en caoutchouc sont des indices d’une retouche peinture. Certains acheteurs utilisent un testeur d’épaisseur de peinture, un petit appareil peu coûteux qui mesure l’épaisseur de la peinture sur la carrosserie. Une épaisseur anormalement élevée sur certains panneaux confirme qu’il y a eu une reprise.
Les vitrages et les pneumatiques
Vérifiez l’état des pneumatiques. L’usure doit être homogène sur chaque pneu. Une usure irrégulière ou unilatérale peut indiquer un problème de géométrie, de suspension ou de freinage. Regardez aussi la date de fabrication gravée sur le flanc des pneus (les quatre derniers chiffres indiquent la semaine et l’année de fabrication). Des pneus de plus de cinq à six ans méritent d’être changés même s’ils semblent en bon état visuellement.
Sous le capot : les vérifications mécaniques essentielles
Ouvrir le capot fait peur à beaucoup d’acheteurs qui ne s’y connaissent pas en mécanique. Pourtant, quelques vérifications simples sont accessibles à tout le monde.
Les niveaux et les fluides
Commencez par contrôler le niveau d’huile moteur. Retirez la jauge, essuyez-la, replongez-la et ressortez-la. Le niveau doit se situer entre les deux repères. Mais regardez aussi la couleur de l’huile sur un chiffon blanc. Une huile noire et épaisse peut indiquer un manque d’entretien. Une huile laiteuse ou mousseuse est un signe très sérieux de joint de culasse défaillant, ce qui représente une réparation coûteuse.
Vérifiez le liquide de refroidissement dans le vase d’expansion. Là encore, une couleur laiteuse ou des dépôts inhabituels doivent alerter. Regardez l’état général du compartiment moteur : des traces d’huile sur les durites, des câbles rafistolés avec du scotch ou des pièces visiblement remplacées récemment peuvent indiquer des problèmes récurrents.
L’entretien du véhicule
Demandez systématiquement le carnet d’entretien. Il doit être rempli régulièrement avec les dates et kilométrages des vidanges, des changements de courroie de distribution, des révisions. Un carnet vide ou incomplet est un mauvais signe. La courroie de distribution est particulièrement importante : si elle n’a pas été changée dans les intervalles recommandés par le constructeur, son remplacement est urgent et coûteux. En cas de casse, c’est le moteur entier qui peut être à remplacer.
L’essai routier : indispensable et trop souvent bâclé
Beaucoup d’acheteurs font un tour du quartier et considèrent que c’est suffisant. Ce n’est pas le cas. Un essai routier sérieux doit durer au minimum vingt à trente minutes et inclure différents types de conduite.
- Démarrez le moteur à froid pour écouter les bruits inhabituels au démarrage
- Testez l’accélération franche sur une voie rapide pour détecter des ratés ou des vibrations
- Freinez plusieurs fois franchement pour vérifier que le véhicule ne tire pas d’un côté
- Lâchez le volant sur une ligne droite pour vérifier que la voiture ne dévie pas
- Testez la direction en faisant des manœuvres serrées pour détecter des bruits de rotules
- Passez toutes les vitesses pour vérifier que la boîte ne saute pas et que les passages sont fluides
- Testez la climatisation, le chauffage, les vitres électriques, les rétroviseurs, la radio
À l’arrêt, après le trajet, regardez sous le véhicule : une trace de fuite d’huile ou de liquide sur le sol est un signal à ne pas ignorer.
Faire appel à un expert automobile : une dépense qui peut en éviter beaucoup
Si vous n’êtes pas à l’aise avec les vérifications mécaniques, ou si le véhicule représente un investissement important, faire appel à un expert automobile indépendant est une option très sérieuse à envisager. Des sociétés comme Dekra, Autovista ou Mobilité Club proposent des expertises pré-achat pour une centaine d’euros en moyenne. L’expert inspecte le véhicule en profondeur, soulève le véhicule pour regarder le dessous, vérifie l’électronique embarquée avec un outil de diagnostic OBD et vous remet un rapport détaillé.
Cette dépense peut sembler superflue sur le moment. Mais face à un véhicule présentant des vices cachés, elle peut vous éviter plusieurs milliers d’euros de réparations. Et si le vendeur refuse catégoriquement qu’un expert examine le véhicule, la réponse est simple : passez votre chemin.
Les points de vigilance spécifiques selon le type de vendeur
Achat chez un particulier
L’achat entre particuliers offre souvent des prix plus attractifs, mais il comporte plus de risques. Le particulier n’est pas soumis aux mêmes obligations légales qu’un professionnel. La garantie légale de conformité ne s’applique pas. Seule la garantie contre les vices cachés existe, mais elle est difficile à faire valoir en pratique. Soyez donc encore plus rigoureux dans vos vérifications.
Achat chez un professionnel
Un concessionnaire ou un vendeur professionnel est soumis à la garantie légale de conformité de deux ans. Cela ne signifie pas pour autant qu’il ne faut rien vérifier. Certains véhicules vendus en occasion par des professionnels ont simplement été nettoyés et présentés sans que les problèmes mécaniques sous-jacents aient été réglés. Lisez attentivement le bon de commande avant de signer, et vérifiez ce qui est inclus ou non dans la garantie proposée.
Un récapitulatif des points de vérification
| Domaine | Points à vérifier | Niveau de difficulté |
|---|---|---|
| Documents | Carte grise, contrôle technique, Histovec | Facile |
| Carrosserie | Alignement des panneaux, peinture, traces de choc | Moyen |
| Mécanique | Huile, liquide de refroidissement, carnet d’entretien | Moyen |
| Pneumatiques | Usure, âge, homogénéité | Facile |
| Essai routier | Freinage, direction, boîte de vitesses, équipements | Facile |
| Expertise | Diagnostic OBD, inspection dessous caisse | Professionnel |
Prendre le temps de tout vérifier avant d’acheter une voiture d’occasion n’est pas une marque de méfiance exagérée. C’est simplement du bon sens. Un vendeur honnête ne sera jamais gêné par vos questions ou par votre rigueur. Au contraire, il appréciera que vous soyez sérieux. Et si quelqu’un cherche à vous presser ou à esquiver certaines vérifications, c’est probablement parce qu’il y a quelque chose à cacher.
